L'alim en questions 5. : Céréales et autres glucides dans le régime alimentaire de nos carnivores domestiques

L'alim en questions : vos questions (posées sur la page facebook du cabinet), nos réponses...
 
 
Céréales et autres glucides dans le régime alimentaire de nos carnivores domestiques
 
Attention, cette fois on creuse, suite à des questions qui reviennent très souvent, petit résumé de nutrition des carnivores, et autres histoires de céréales...
 
«Quid des céréales, que ce soit pour les chiens ou les chats? Indispensables, nocives, inadaptées?»
«Faut il proscrire les croquettes avec céréales ?»
«La vente d’une gamme sans céréales au cabinet était-elle une volonté de votre part ou une demande de votre clientèle ?»
«Pourquoi les industriels n’indiquent pas le taux de glucides dans leurs croquettes ? Comment calculer réellement ce taux ? Et quelles sont les valeurs idéales d’une « bonne » croquette ?»
 
En préambule, quelques généralités et définitions : céréales, gluten, amidon, glucides
  • Le gluten : La question du gluten n’a pas été posée mais elle est souvent liée à celle des céréales donc nous l’intégrons dans les définitions “de base” : le gluten est un ensemble de protéines que l’on retrouve dans les grains de plusieurs céréales. Le gluten n’est donc pas un glucide, et il est présent exclusivement dans les céréales suivantes : Seigle Avoine Blé Orge Triticale (moyen mnémotechnique SABOT) : le riz n’en contient pas, pas plus que le maïs par exemple. Remis en cause pour des raisons scientifiques ou philosophiques dans l’alimentation humaine, chez nos carnivores les intolérances au gluten sont rarissimes et ne concernent que certains individus de race Setter Irlandais et Border Terrier. La recherche d’une alimentation sans gluten, or cas rarissimes, tient donc plus de l’effet de mode que du réel fondement scientifique.
  • Les céréales : une céréale est une plante cultivée principalement pour ses grains. En botanique, les céréales regroupent les plantes de la famille des poacées (ou graminées). Certaines graines d’autres familles botaniques sont parfois communément appelées céréales, telles que le sarrasin, le quinoa, l’amarante ou le sésame, toutefois n’étant pas des poacées ce ne sont pas des céréales au sens strict, on leur donne souvent le nom de pseudo-céréales. Les graines de céréales contiennent généralement une grande majorité de glucides (70 à 80%) sous forme d’amidon, des protéines (jusqu’à 15% pour le blé dur), des lipides en faible proportion et des sels minéraux.
  • L’amidon : l’amidon est un glucide (sucre) complexe, on le trouve dans les organes de réserves de nombreuses plantes comme les graines (en particulier les céréales) et les légumineuses, les racines, les tubercules et rhizomes (pomme de terre, patate douce, manioc) ainsi que dans les fruits (bananes).
  • Les glucides : Les glucides font partie, avec les protéines et les lipides, des constituants essentiels des êtres vivants et de leur nutrition, car ils sont un des principaux intermédiaires biologiques de stockage et de consommation d’énergie. Chez les plantes, les sucres sont convertis en amidon pour le stockage. Chez les animaux, ils sont stockés sous forme de glycogène puis utilisés comme source d'énergie dans les réactions métaboliques.
Les céréales sont donc un végétal très largement utilisé en alimentation de l’Homme, qui dans certains cas peut contenir du gluten mais ce n’est pas le cas de toutes les céréales, composées en majorité d’amidon, un glucide permettant l’apport d’énergie aux organismes vivants.
 
L’amidon, indispensable ou nocif?
 
L'amidon est indispensable dans la composition d'une croquette. Qu'il soit apporté sous forme de céréales ou par d'autres ingrédients végétaux (pomme de terre, pois, betterave,...) il sert de liant, c'est lui qui fait que la croquette «tient». Il n'existe donc pas de croquette sans amidon, donc la notion de croquette «sans céréales» est purement commerciale, puisque l'intérêt (ou l'absence d'intérêt) nutritionnel de l'amidon est le même en provenance de céréales que de pomme de terre.
L'amidon en revanche n'est pas indispensable dans l'alimentation de nos carnivores domestiques. Le chien s'est adapté au contact de l'Homme à se nourrir d'amidon (base de l'alimentation humaine) et à le valoriser. Sur ce point, un article d’actualité publié le 30/04/18 par Charlotte Devaux de retour du congrès de Lisbonne consacré à la nutrition de nos carnivores :
 
 
Le chat en revanche dont le régime jusqu'à très récemment était constitué essentiellement de proies, le valorise moins facilement.
 
Avant de parler de glucides, parlons d’abord de protéines
 
Dans tous les cas, la base de l'alimentation de nos carnivores est constituée de protéines, nos chiens comme nos chats ont besoin de protéines de qualité. La qualité de ces protéines dépend des éléments qui les composent, les acides-aminés, et comme ils ne sont pas capables de tous les refabriquer ils doivent impérativement en trouver certains d'entre eux dans leur alimentation : ce sont les « acides-aminés essentiels » (AAE), au nombre de 10 chez le chien et 11 chez le chat. Ces acides-aminés essentiels se trouvent dans les protéines animales. A partir de ces AAE, nos carnivores vont être capables de produire les protéines dont ils ont besoin, ainsi que l'énergie. Leurs besoins s'estiment donc d'abord à partir de leur besoin protéique, qui est le facteur limitant. Si ce besoin n'est pas couvert, en qualité et en quantité, l'animal sera carencé. Attention toutes les protéines ne se valent pas, certaines protéines comme le collagène sont totalement indigestibles, et si elles augmentent le taux protéique d'une ration, elle n'ont aucun intérêt nutritionnel !!! La qualité des protéines est donc plus importante que leur quantité dans la ration (même s'il vaut mieux beaucoup de protéines de qualité que peu de protéines de qualité...)
 
Intérêt/utilité des glucides
 
Une fois les besoins protéiques couverts,(or besoins en acides gras, dont essentiels, vitaminiques et minéraux, mais c’est un autre sujet) reste à couvrir les besoins énergétiques de l'animal. Cette énergie peut être fabriquée soit grâce à des protéines, soit grâce à des glucides. Et voilà nos fameuses céréales, largement utilisées par les fabricants de croquettes, pour l'apport énergétique qu'elles représentent. Il faut savoir que le prix de la viande est bien supérieur à celui des céréales, donc l'apport de glucides dans la ration permet d'augmenter l'apport énergétique à un prix moindre. L'animal peut donc parfaitement s'en passer, le prix de la ration sera juste plus élevé. A l'heure actuelle, nous n'avons pas connaissance d'étude scientifique qui prouve que les glucides dans la ration de nos carnivores (une fois leurs besoins protéiques couverts en quantité ET en qualité) soient néfastes. Il n'existe pas non plus de preuve scientifique que l'absence d'amidon dans la ration soit néfaste. Ce qui nous amène au BARF, qui sera traité dans un article ultérieur...
En revanche, on peut facilement identifier des types de populations d'animaux, pour lesquels le besoin en énergie est plus faible, et qui nécessitent donc une plus grande part de protéines dans leur alimentation : typiquement les chiens de type labrador qui ont un besoin inférieur lié à leur race, les animaux sédentaires, les animaux stérilisés (et à plus forte raison les labradors sédentaires stérilisés!). Pour ces animaux là, une alimentation proportionnellement plus riche en protéines par rapport aux glucides (donc avec un rapport protido-calorique (RPC) élevé) est nécessaire.
 
Choix des gammes proposées au cabinet
 
C'est la raison de notre choix en terme de gamme de croquettes que nous vendons au cabinet : non le choix d'une gamme sans céréales n'était tellement pas une demande de notre clientèle que nous avons du la stopper faute de demande chez le chien ;-) Ce n'est pas la seule raison pour laquelle nous avons du interrompre la vente de cette gamme, l'approvisionnement et le stockage étaient également problématiques du fait de la faible demande, et les retours par franchement bons sur la gamme pour chiens (contrairement à la gamme pour chats). Et oui, certains de nos carnivores (y compris certains chats!) ne digèrent pas bien les croquettes « sans céréales », lors qu'ils n'ont aucun problème avec les croquettes plus « classiques ». La raison de notre choix était de proposer une gamme d'aliments techniquement très poussée, permettant de couvrir à la fois les besoins des animaux en bonne santé mais aussi ceux des animaux malades nécessitant un régime particulier, à l'aide d'une marque en laquelle nous avons confiance pour les preuves d'efficacité de niveau 1 qu'ils présentent sur chacune de leurs références (essais cliniques et bénéfices scientifiquement prouvés) ; ainsi qu'une gamme moins conventionnelle et moins connue mais se rapprochant plus du mode d'alimentation physiologique de nos carnivores, donc à haute teneur en protéines de qualités, et dans laquelle l'apport énergétique se faisait à l'aide de protéines plutôt que de glucides. Pour les raisons précédemment évoquées d'approvisionnement nous avons choisi de repasser sur une gamme en centrale vétérinaire, mais toujours dans la recherche d'aliment très protéiné. Nous disposons donc toujours des deux types de gammes au cabinet, parce que tous nos patients n'ont pas forcément les mêmes besoins ou les mêmes tolérances, ni tous leurs propriétaires les mêmes attentes. Toujours dans la recherche de l'intérêt de nos patients avant tout.
 
Glucides et étiquetage des croquettes
 
Les industriels n’indiquent pas le taux de glucides de leurs croquettes, parce que rien ne les oblige à le faire, tout simplement! Seule une pression des consommateurs pourrait faire évoluer les choses sur ce point...
 
On peut calculer l’extractif non azoté (ENA) qui correspond au total (100) auquel on enlève les protéines, les lipides, les fibres, les cendres et l’humidité. Cet extractif non azoté reflète donc à la fois l’amidon et les fibres solubles, ce qui n’est pas très précis mais permet d’avoir une idée de la proportion. D’autres marqueurs plus précis pourraient être utiles, mais là encore il faudrait une forte pression des consommateurs pour faire évoluer les fabriquants et/ou la législation.
 
Les fibres augmentent le volume fécal et diluent le bol alimentaire, ce peut être un effet recherché dans des aliments spécifiques pour augmenter la satiété (et donc limiter la prise de poids), ou augmenter le transit.
 
En ce qui concerne les valeurs idéales d’une “bonne” croquette, il faut différencier le cas du chien pour lequel le taux de glucide importe finalement peu, du cas du chat chez lequel on doit favoriser les protéines (carnivore strict). Le chat peut tout à fait se passer d’amidon, on peut donc équilibrer une ration ménagère sans (cf BARF). Mais il est quasiment impossible d’avoir moins de 20% d’amidon dans une croquette pour les raisons déjà évoquées (liant), le Dr Devaux évoque des taux de 30% sans problème SI LES AUTRES BESOINS SONT COUVERTS. Il n’existe à ce jour aucune publication scientifiquement étayée qui prouve ni la toxicité d’un excès d’apport de glucides dans l’alimentation, ni celle d’un excès d’apport de protéines.
 
Pour creuser cette question de l’amidon et des glucides dans l’alimentation de nos carnivores, deux liens vers les interview par Wamiz de deux vétérinaires nutritionnistes (dont les avis sur la question peuvent diverger, à vous de vous faire votre propre opinion!) :
Pour pousser encore un peu : le RPC
 
Le Rapport Protido Calorique (RPC) représente la proportion de protéines par rapport à l’ensemble de l’énergie de la ration, le reste étant représenté majoritairement par les glucides. Il permet de quantifier les protéines par rapport au besoin énergétique de l’animal, qui est le critère pour la quantité d’aliment à donner, et qui va différer fortement selon la race, le stade physiologique, ou le mode de vie. Ainsi un animal sédentaire aura un besoin énergétique moindre par rapport à un grand sportif, mais son besoin en valeur absolue en protéines reste le même (pour nos carnivores, le facteur limitant est bien le taux de protéines de qualité), donc pour lui apporter autant de protéines et apportant une quantité moindre d’aliment, il faudra que cet aliment soit plus dosé en protéines. C’est le RPC qui permet de comparer les différents aliments entre eux sur ce point.
 
On en déduit que plus les besoins énergétiques de l’animal sont faibles, plus son aliment devra avoir un RPC élevé (plus de protéines), plus ses besoins sont élevés plus on pourra compléter l’apport énergétique par d’autres sources telles que l’amidon. Certaines races telles que les labrador, les animaux sédentaires ou les animaux stérilisés ont des besoins énergétiques plus faibles, et nécessitent donc des aliments au RPC élevé. Au contraire des animaux très actifs et non stérilisés peuvent tolérer un RPC beaucoup plus bas (mais un aliment au RPC élevé peut tout à fait leur convenir).
 
Il est donc beaucoup plus pertinent de s’intéresser au RPC des différents aliments, plutôt que de chercher à calculer l’ENA qui apporte au final peu d’éléments pour choisir l’aliment qui convient le mieux à un animal.
Dernière modification le lundi, 01 octobre 2018 15:01

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